Au fer rouge

Le personnage de Domingo Augusti introduit ce roman très noir. Il s’agit d’un trafiquant de drogue. Dans le premier chapitre, il est torturé, ficelé et enfermé dans une valise jetée à la mer. Le contenant comme le contenu disparaissent alors.

Mais la valise est rejetée sur une plage, dans le sud des Landes. L’ombre du trafiquant hante alors tous les personnages décrits dans ce roman. La découverte du corps déclenche l’ouverture d’une enquête de la PJ de Bayonne. En remontant le fil de la vie du trafiquant, les flics tombent sur des confrères corrompus, déterrent une affaire non élucidée dans le Pays Basque et impliquant l’ETA, des militants écologiques, un scandale financier, … Les flics, les tueurs et le lecteur se retrouvent dans le même bain dont l’eau est très trouble. Les trois flics qui nous servent de guides présentent quant à eux des caractéristiques très marquantes et aveuglantes. L’un ne veut pas faire de vague et tente de suivre les conseils sous entendus de ses supérieurs, à la limite de l’inefficacité. L’autre est corrompu et mêlé à la disparition d’Augusti dans la valise. Le troisième flic, une femme, Emma, est tellement traumatisée par un attentat provoqué par l’ETA qu’elle ne voit que cette organisation derrière les maux de la société.

Tout au long de ce roman, Marin Ledun questionne un système qui facilite la corruption (police, politique, justice et finance) et montre du doigt ces hommes et femmes qui baissent les yeux. L’enquête est très bien menée et l’auteur n’hésite pas à utiliser la mise sous pression pour aller au bout de ces personnages. On aurait pu attendre que la résolution de l’enquête apporte une sorte de lueur d’espoir. Mais le système comme les hommes comme qui l’ont forgé ou entretenu sont immuables. A la fin de la lecture, il reste la dénonciation forte et sans appel de l’auteur.

Ce roman de Marin Ledun est publié chez Ombres noires au prix de 20€.

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Vallier dit :

    Monde cruel certes. On garde les yeux grands ouverts sur cette réalité qui nous dépasse. Pourtant on s’attache à ces personnages qui comprennent si bien ce qui es tu ou dit à demi-mots… Je m’y suis plongée. On m’avait prévenu. Je n’en ressors pas indemne mais j’attends la suite…

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