Soupe de cheval

Cette nouvelle commence dans un train. Un groupe d’amis est interpellé par un homme étrange, Bourmistrov. Il propose à une des jeunes femmes, Olia, un service payé, un rituel, celui de la regarder manger. Une fois par mois, elle serait payée pour faire cette chose anodine. Olia accepte mais garde secret cet étrange pacte, peur d’être prise pour une folle.

S’en suit alors une drôle de relation entre la mangeuse et le regardeur. C’est ce dernier, Bourmistrov, qui met en scène. Il l’accueille dans un appartement, prépare la nourriture, l’installe et la regarde.

Au départ, Olia se satisfait de son statut de pion et bien évidemment de cet argent vite gagné. Mais rapidement, la nutrition prend un autre aspect hors de ces rendez-vous. Le fait de ne plus être regardé provoque un certain dégoût. Sans le désir, l’objet ne prend pas vie et la femme se déshumanise.

L’imaginaire de Vladimir Sorokine pourrait rappeler celui de Bunuel, ce surréalisme qui maltraite la société pour mieux la représenter dans son essence. Cette histoire à la fin aussi absurde que tragique prend toute sa dimension dans la description qu’elle donne sur le monde actuel. C’est une lente et terrible dénonciation d’une civilisation qui n’a plus de besoins vitaux, plus de saveurs mais est seulement animée par la volonté d’hommes puissants.

Cette nouvelle traduite du russe par Bernard Kreise est publié aux Editions de l’Olivier au prix de 13.50€.

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