Un an dans la vie d’une forêt

Le biologiste David George Haskel, à la manière des moines tibétains, a délimité un espace d’observation. Pendant un an, il est devenu spectateur d’un mètre carré au cœur d’une forêt des Appalaches, aux États Unis. Il n’utilise que ses cinq sens pour enregistrer le maximum des activités naturelles de ce massala, tout ce qu’il a pu remarquer depuis son petit rocher. A cela s’ajoute toutes les connaissances et savoirs emmagasinés sur les animaux, les insectes, les arbres, … Ce qui surprend en premier lieu est la notion de temps. Il y a bien sûr l’année entière consacrée à cette étude mais les chapitres assez courts sont le fruit de très longues heures à regarder des chenilles, fourmis ou autres insectes.

A une époque de plus en plus sensibilisée à l’environnement, la démarche pourrait se suffire à elle même. Mais ce qui fait que cette observation devient un récit passionnant est la capacité de ce biologiste à mettre en valeur le fond par la forme. David G. Haskel montre ici une pédagogie incroyable tant dans la diversité de ses sujets que leur traitement. Il passe ainsi en revue la sexualité des escargots, la migration des arbres éphémères grâce aux fourmis ou excréments de cerfs, la danse des abeilles, le rythme de certaines fleurs, la vie souterraine, le combat des chenilles, les caractéristiques du lichen, etc… la multitude d’exemples nous fait mieux comprendre le terme de biodiversité. Page après page, la surprise succède à l’émerveillement. Le lecteur apprend et s’amuse. Quand le biologiste trouve deux balles de golf au milieu de cette nature préservée, outre l’agacement de cette trace humaine, c’est la question de réappropriation qui se met en place. Les champignons pourraient se débarrasser de ce plastique.

Avec beaucoup d’esprit, l’auteur arrive à rapprocher certains faits ou comportements de nos réalités. Les parallèles font sourire et il n’hésite pas à s’adresser aux sentiments du lecteur. Certains passages sont dans le registre de l’émotion. Son observation de la nature part de ses sens et son écriture parle à tous nos sens. Il ne s’agit pas non plus d’une moralisation ou même de s’ériger en exemple. L’ambition est d’encourager et de participer à la découverte de chacun. Le lecteur ressort en connaissant plus et peut-être en comprenant mieux une partie de son environnement.

Ce livre traduit par Thierry Piélat est publié chez Flammarion au prix de 9€.

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