L’ascendant

Le jeudi 30 avril, un vendeur de téléphones portables apprend le décès de son père. Son responsable semble plus affecté que lui et lui donne quelques jours pour s’occuper des modalités. Le narrateur part donc organiser les funérailles de son père. A peine rentré dans la maison paternelle, il fait une découverte qui bouleversera sa vie et son passé.

Mon père aimait à répéter ce slogan d’un penseur qu’il avait vu passer à la télévision : « Communiquer n’est rien, c’est transmettre qui est important. » Plus d’une fois, il avait prétendu m’expliquer que mon problème, et de manière plus générale le problème des sociétés modernes, était d’avoir remplacé la transmission par la communication. Je vivais dans l’ingratitude, dans l’instant, dans le bavardage, alors qu’une vie devait se construire dans l’écoute, la durée, la fidélité. Je le laissais émettre ses opinions. Je vivais ma vie. 

Le début du roman installe un ton très simple et anodin. Le jeune homme ne montre pas vraiment d’émotions face à la mauvaise nouvelle annoncée, ce qui lui vaut d’être qualifié de « pas très famille ». En quelques phrases, l’auteur nous croque un portrait banal de narrateur. Cette accumulation de clichés nous met à distance du protagoniste ce qui accentue le renversement total du rebondissement de la découverte. Ce texte à la première personne qui aurait pu prendre la forme d’une introspection se transforme en exercice de genre. Alexandre Postel utilise les effets du polar, de l’épouvante et du drame psychologique pour mieux révéler le questionnement personnel du protagoniste. Derrière l’intrigue, il y a un fil rouge : un enfant ignore tout de ses parents et ne peut même pas l’imaginer. Ce mystère persistant ne peut pas s’évaporer par une conversation profonde et indiscrète. Ce postulat permet à l’auteur de manipuler son personnage remuant les vestiges de la vie de son père. Le style très direct et très fluide du roman tient le lecteur jusqu’à la dernière ligne. Loin de se résumer à la surprise de la découverte, ce roman questionne la notion d’héritage et de succession.

Ce roman d’Alexandre Postel est publié par Folio au prix de 6.50€.

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