Le sanglier

Carole se réveille plus tôt que d’habitude alors que la nuit est encore bien présente. Chritsian lui fait remarquer qu’elle a prononcé un mot étrange en plein sommeil, « sanglier ». Cette anecdote passée, ils reprennent leur rythme, commençant une journée qui devrait être comme les autres. Mais chaque moment devient un obstacle, faisant de ces 24 heures un long tunnel.

Elle le regarde s’éloigner. Elle regarde ses cheveux, son blouson, ses poings fermés qui se balancent de chaque côté, sa démarche preste. Elle ne le reconnaît pas. Elle regarde s’éloigner un individu qui traverse son champ de vision pour la première fois, qui lui fait l’effet d’une illusion d’optique. Alors qu’il marche vers la banque, elle verrait presque s’élever sur sa tête ces ondulations troubles qui dansent au-dessus des incendies ou dans ces endroits particulièrement chauds du désert où naissent les mirages. 

Ce roman se concentre sur une journée, sur la succession de moments furtifs. Les descriptions sont très précises afin de montrer la mécanique installée par les deux personnages. Derrière leurs habitudes, il y a des idées, des peurs et des envies dont les personnages n’ont pas forcément conscience. Mais ils s’en aperçoivent quand la mécanique se grippe. Ce roman est l’histoire d’un déraillement. Tout aurait pu bien se passer mais ce couple enchaîne les déconvenues (à cause d’une portière mal fermée, d’une file d’attente trop longue à la banque,…). Ces félures sont un moyen d’aborder les personnages et de les comprendre. Ils ont des faiblesses qui peuvent les faire chuter. La précision de chaque moment est intense, permettant l’évolution d’une véritable peur de l’autre. Le narrateur omniscient nous décrit les pensées de Christian et Carole, leur regard sur l’autre et sur eux-mêmes. En confrontant les conversations aux pensées intérieures, Myriam Chirousse évite une psychose angoissante pour parler d’un couple qui se pose des questions. Les sentiments ont ici peu de place. Ces deux personnages mènent un combat quotidien pour poursuivre leur vie de couple, loin de leurs premières envies. C’est un roman sur le travail qu’est l’amour. 

Le roman de Myriam Chirousse est publié par Buchet/Chastel au prix de 14€.

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