La rose de fer

Mac Faraday apprend qu’un de ses meilleurs amis vient d’être retrouvé pendu. Mais Mac, tranquille forgeron de campagne et figure de la communauté locale, ne croit pas au suicide tout en étant lui-même suspecté. Il commence donc à mettre son nez dans la vie de son ami. Ce présent le ramène à repenser à son passé, à ses erreurs. De nombreuses choses lui ont laissé un gout d’inachevé.

« Mac, me dit la voix. Ned est mort. »

Je n’arrivais pas à comprendre le sens de ces mots. Je plissai les yeux et tentai de me concentrer, la tête pleine de sommeil et de rêves dus à la bière. 

« Hein? »

La voix dit la même chose. 

 » Bon Dieu, non. Quand?

– Je sais pas. »

Un temps de silence. « Pendu dans le hangar, Mac. Tu peux venir? »

Mort? Ned? Quelle heure était-il? Trois heures moins le quart. Dimanche matin. Je fis plusieurs grimaces pour chasser le brouillard et l’abrutissement. 

« D’accord, dis-je. Bon. D’accord. Écoute, tu es sûr qu’il est mort? »

Long silence. Lew renifla. « Mac. Viens. »

La force de ce roman est de réunir des gens normaux qui ont quelque chose à cacher. Le lecteur se retrouve donc à fouiner dans le passé de tous les personnages. Mais ces multiples enquêtes apparaissent très progressivement et l’auteur parvient à développer cela très tranquillement. Dès les premières pages, on ne sait pas où il va nous conduire. Cette surprise globale est autant un avantage qu’un inconvénient. En effet, quand Peter Temple développe la sensibilité de Mac Faraday, l’écriture est moins juste, moins précise. Que ce soit les penchants amoureux que les amitiés solides, ce personnages est assez difficile à cerner. Les parenthèses plus personnelles déséquilibrent une histoire solide et bien ficelée. L’enquête est prenante et les autres personnages, même ceux d’une scène, sont captivants. Leur secret n’est pas forcément toujours illégal ou malhonnête mais il illustre une douleur. En quelques mots, l’auteur parvient à croquer des figures. Par exemple, les victimes du pensionnat que Mac Faraday doit contacter sont au coeur de très belles scènes. À noter également, les dialogues savoureux où l’on sent le réel plaisir d’écriture.

Ce roman de Peter Temple, traduit par Pierre Bondil, est publié par Rivages au prix de 21€.

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