Nous les bêtes traquées

Marie nous raconte son mari, Max, avocat séduisant et le basculement de leur vie. Le couple est obligé de fuir, de s’enfermer pour échapper à leurs poursuivants. Marie découvre la menace qui pèse sur son mari et donc sur elle.

Les murs déteignaient sur mes mains, se déposaient sur ma peau. Debout sur une chaise je touchais le plafond. La limite où la tapisserie finissait, tout en haut, soulevait le cœur: ça partait comme de la peau pourrie, on voyait clairement que derrière la tapisserie le mur était carré, se colorait légèrement de jaune, de vert et même de plaques roses rouge vif, je pensais à l’endroit où la chair se détache des os. J’ai passé des heures, mais au final je n’ai récuré que mes doigts, tout mordus par le détergent, rougis et vieux, des mains de vieille, trop de veines et trop d’os, la maison se faisait les griffes sur moi. 

Ce roman est haletant par le mouvement désespéré du couple et surtout par le regard porté par cette femme sur sa vie. Tout est vu depuis les yeux de Marie, par le biais de son innocence, de sa naïveté et de ses propres fragilités. Elle perd de sa superbe et tombe dans un véritable enfer. Ce roman est le portrait d’une psychose. La langue est crue, sèche et nous colle contre ce couple en fuite. Chaque chapitre se termine par les potins de vue extérieurs. Nous quittons un instant la tête de Marie, pour respirer, pour mieux comprendre la réalité. Ces parenthèses n’éclaircissent pas tout et c’est une véritable prouesse que Caroline de Murlder ne nous perde pas dans cette histoire. Elle nous donne une sensation de la situation (les tensions, les contraintes, les moments d’espoir…). L’intrigue qui mêle politique, pouvoir et finances est un prétexte pour conduire le récit. Il n’étouffe jamais le cœur de ce roman, Marie mais la laisse s’enfermer dans sa propre prison de cauchemars.

Ce roman est publié chez Babel au prix de 6,80€.

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