Nature morte avec pivert 

Leigh-Cheri est l’héritière d’un couple royal déchu. Traumatisée par la figure de Ralph Nader, politicien écologique, elle est décidée à rencontrer son idole. Alors qu’elle arrive tout juste à un grand festival de conférences, elle rencontre Pivert, célèbre terroriste. Ces deux roux vont vivre ensemble une histoire d’amour virevoltante rythmée par des évasions rocambolesques et des explosions ébouriffantes.

Les babyloniens donnèrent le nom de Sa-bat, littéralement « cœur-repos », au jour de pleine lune, quand celle-ci ne fait ni croître ni décroître. Ils pensaient que ce jour-là, la femme dans la lune, Ishtar (comme on appelait la déesse de la lune à Babylone) avait ses menstruations. Car chez les Babyloniens depuis l’aube du temps, comme chez presque tous les peuples primitifs et dans toutes les sociétés antiques, un tabou planait sur les femmes déversant leur coupe de sang mensuel, qui leur interdisait de travailler, faire la cuisine et voyager. Le jour de Sa-bat, d’où vient notre mot Sabbat, les hommes comme les femmes étaient obligés de se reposer, car quand la lune saignait, tous étaient soumis au tabou. Observé à l’origine une fois par mois, selon un rythme naturel, le sabbat devait être repris plus tard par les judéo-chrétiens, intégré à leur mythe de la Création et rendu hebdomadaire. C’est donc à cause d’une réaction psychologique primitive au phénomène de la menstruation que l’on accorde de nos jours un dimanche de repos à des hommes à l’esprit aussi peu souple que leurs muscles et leurs casques de chantier. 

Ce roman est vif, drôle et corrosif. L’auteur qui se met en scène lui-même devant sa Remington 3 raconte une histoire d’amour physique et passionnée. Ce roman foisonne d’anecdotes où chaque personnage (dont l’auteur) révèle sa folie. L’histoire à proprement parler est très simple mais complètement dynamitée. Le moindre sujet devient prétexte à des développements forts où l’écriture est flamboyante. L’auteur développe la moindre information pour se lancer dans des paragraphes passionnants sur divers sujets (géopolitique, sexualité, folie…). Ce roman est étonnant de bout en bout s’attaquant à tous les tabous de la société. Tim Robbins se moque des bien pensants, d’une certaine propreté intellectuelle pour dénoncer la mauvaise foi. Au-delà de la folie des personnages, ce qui marque est l’intensité de l’amour entre Leigh-Chéri et le Pivert. Un amour pure, consommé et complet.

Ce roman traduit par Marie-Hélène Dumas est publié par Gallmeister au prix de 9,40€.

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