Le condor

William Malcolm Openshaw raconte ses vies, toutes celles qui l’ont mené à braquer des banques, à écrire des poèmes et à tomber amoureux de Monica. Il rencontre Henry Richardon qui connaît son passé et ses zones d’ombre.

Ensuite, après sa mort, quand maman était ivre et pleurait, elle m’a permis de deviner plus de choses sur son compte, au milieu du torrent de larmes, de malédictions et de bredouillements. Et quand je suis rentré du deuxième été chez ma tante et mon oncle, elle m’a parlé des champs de haricots. Mais là, il était mort. Je me rappelle pourtant la peur constante, les cris quand il frappait, le couteau qu’il avait à la main, le soir où il nous a presque tués, le jour où j’ai pensé à la sauterelle. Et puis, quelques années plus tard, après sa mort : la cérémonie dans la chapelle, et les cendres. Je me suis faufilé dans la crypte sous la chapelle et j’ai vu les cendres. À ce moment-là, ma peur a disparu. Les cendres étaient grises. Un petit tas de cendres gris clair avec des petits fragments d’os gris clair. Il avait l’air tellement léger maintenant, si fin et léger. Et je n’avais plus peur de lui. 

Dès les premières lignes, un ton direct et sincère est installé entre le narrateur et le lecteur. William raconte sa vie, les moments éparpillés, les villes dont il arrive à se souvenir. Il est tout au long confronté à son histoire, ses échecs et ne peut y échapper. Mais il n’arrive pas à tenir un discours clair et fluide car tout cela est trop lourd et douloureux pour lui. Ce n’est pas tant les histoires qu’il raconte qui touchent mais ce qui ressort du protagoniste. William devient rapidement la véritable intrigue de l’histoire. La fin de sa vie est connue mais lui qui a toujours fui, se retrouve obligé d’affronter son parcours. Il doit alors essayer de comprendre les raisons de ces échecs. En livrant cette vie par bribes, Stig Holmas construit un personnage en morceaux, détruit, au bout de lui-même. Ce roman devient une sorte de portrait de la dépression. C’est beau, haletant et bouleversant.

Ce roman traduit par Alain Gnaedig est publié par Sonatine au prix de 13€.

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