Les Infidèles

Le commandant Barnier est chargé de résoudre le meurtre de Salomé Jolain, jeune journaliste. Il doit alors enquêter sur la chaîne de télé, TV24 et son puissant patron tout en s’intéressant à la famille de la victime, notamment la tante, Alice Kleber, directrice d’un site internet lovalibi.com

Sa rue dormait à poings fermés, pas un passant sur les trottoirs luisants. La pluie changeait sans cesse d’avis, elle n’était plus qu’un crachin.

Il avait vraiment envie d’une douche très chaude et se sentait frustré de ne pouvoir s’accorder ce petit plaisir. En montant les marches, il fit ses calculs. À l’âge de Maze, il était marié, père de famille et déjà privé de douche la nuit.

Et s’il oubliait cinq minutes le physique renversant de Maze, et se concentrait sur ce qui faisait de lui un partenaire de première classe ? Bosseur, stoïque, respectueux, il ignorait la signification du mot râler. Reposant comme garçon, ce qui ne l’empêchait pas de percuter au quart de tour.

C’était ça la solution. Se focaliser sur les choses sérieuses.

Dominique Sylvain met en scène une histoire policière entre journalisme, fait divers et amour. Elle réunit toutes les dérives actuelles – un journalisme sans valeur, le voyeurisme d’Internet ou le commerce de l’adultère – pour présenter le meurtre d’une jeune femme innocente et déterminée. L’autrice passe alors d’un monde à l’autre en pointant les failles et les faiblesses morales de chacun. À cela s’ajoute l’idée très belle de faire exister les fantômes des personnages. Il ne s’agit pas seulement de petites voix intérieures mais de véritables êtres à côté des protagonistes. Ces invisibles sont des confidents, les seuls capables d’écouter bien qu’ils ne puissent agir. Ils apportent une sorte d’apaisement. Cela installe une ambiance étrange dans ce roman, l’éloignant du simple fait divers et donne une dimension autre aux personnages. Une folie qui accentue les éventuelles culpabilités et donne l’impression qu’ils sont loin de notre société, déconnectés. Cet isolement est développé différemment, donnant des portraits réussis (Barnier ou Alice) et d’autres un peu moins convaincants (Valentin ou le personnage mystérieux de MoiToi). Chaque personnage a son langage, son vocabulaire et son rythme. Par tous ces éléments, les personnages prennent une reelle dimension. Le roman tire sa force de tous ses individus. La fin, après quelques longueurs du développement, repose beaucoup sur l’exploration d’un personnage. Dominique Sylvain fouille ses créatures intensément, ce qui lui permet de créer des situations fortes.

Ce roman est publié aux Éditions Viviane Hamy au prix de 19€.

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