Les incurables

États-Unis, années 1950. Le Dr Freeman, neurologue visionnaire mais violemment contesté, est chassé de l’hôpital psychiatrique où il exerce. Quelques années plus tard, dans un ville perdue, plusieurs destins se croisent. Un enfant soumis au fantasme de son père qui le voit comme le Messie. Une jeune femme obligée d’être prostituée à cause des obsessions de sa mère. Mais un vieil homme arrive, promettant un remède pour libérer les esprits.

Mais peu importe que vous me croyiez ou non. Je ne suis pas un vulgaire charlatan.
Je suis médecin et scientifique. Diplômé de Yale. Membre de l’American Psychiatric Society. Et je suis ici pour vous dire que dans moins d’une heure, tout aura changé pour vous.
Dans moins d’une heure, toute cette agitation, ces angoisses, ne seront plus qu’un vague souvenir. Oui, c’est peut-être difficile à croire, mais je suis là pour vous aider, Edgar. C’est ma mission en ce bas monde. Je suis là pour vous donner quelque chose que vous n’avez pas eu depuis des années : la paix. 

Ce roman met en scène des personnages en bout de course. Ils sont épuisés et l’auteur parvient à créer ainsi une véritable tragédie. Dès le début, la mort paraît être la seule issue possible. Certains tentent de lui échapper. D’autres essayent de vivre avant de mourir, Scent, jeune prostituée et Durango, enfant considéré comme le Messie par son père. Jon Bassof place des enfants qui veulent se libérer du contrôle des parents. En multipliant les personnages, malgré leur grande force, le récit perd de son rythme. L’alternance de séquences distille tout le mystère que les premières scènes installèrent. Toute la description autour du docteur Freeman intrigue car le personnage par sa folie détient une forme de vérité. Il est porteur d’une violence qu’aucune morale ne peut contenir. La disparition soudaine de ce personnage amène une sorte de frustration que les nouveaux personnages ne parviennent pas à compenser complètement. Mais le nouvel environnement dans lequel l’auteur nous plonge est riche d’idées. Ces êtres pleins de failles ont une telle envie de vivre qu’ils sont prêts à tout. Cette énergie déplace le roman vers un combat de survie. Une tonalité plus tragique imprègne le roman. Ces enfants n’ont rien reçu. Ils veulent enfin avoir une sensation de la vie. L’auteur n’hésite pas à plonger dans les méandres de ces personnages, ce qui apporte un fond puissant à son récit. Malgré quelques longueurs, une réelle émotion transparaît tout au long du roman grâce au traitement de ces gestes de désespoir.

Ce roman traduit par Anatole Pons est publié par Gallmeister au prix de 21,80€.

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