L’abattoir de verre

7 tableaux pour décrire une ou plusieurs femmes. 7 nouvelles qui dissèquent le quotidien, celui d’une passation, d’un passage de vie.

Elle ne connaît rien aux races canines, mais elle perçoit bien la satisfaction que le chien retire de ses rencontres avec elle. La satisfaction de la dominer, la satisfaction d’être craint. Le chien est un mâle, non castré d’après de qu’elle peut voir. Sait-il qu’elle est femelle, à ses yeux un humain appartient-il à l’un des deux genres, correspondant aux deux genres chez les chiens, et de ce fait ressent-il une double satisfaction – celle d’une bête dominant une autre bête et celle d’un mâle dominant une femelle -, elle n’en a aucune idée.

Le ton du recueil est tranchant et direct. L’écriture est épurée et laisse une sensation très forte après la lecture. Les images sont très floues. Chaque texte pourrait parler de la même femme ou d’une différente à chaque fois. Mais cela n’a pas vraiment d’importance. Ce qui compte est l’épreuve que représente chacune de ces histoires. Au centre, une femme. Souvent voire toujours source de violence, d’humiliation ou d’enfermement. Elle ne peut dialoguer ouvertement, exprimer ses idées. Elle a pourtant quelque chose à dire du monde, de cette société. Le titre du recueil provient d’une nouvelle consacrée à l’obsession d’une femme de construire un abattoir en verre, ce qui permettrait de révéler une réalité. Ce titre représente la démarche globale de l’auteur, être un révélateur, détruire les codes sociaux qui ont permis de dissimuler dans le quotidien, dans les intérieurs, les sources de la violence du monde. A ce sujet s’ajoute l’écart des générations, les liens entre la mère vieillissante et ses enfants. La vieillesse devient une sorte d’enfermement, d’isolement et d’éloignement au monde en mouvement. Coetzee utilise à plusieurs reprises les déplacements comme source de découverte. En bougeant, le point de vue change donc les idées sur le monde. Par ces 7 tableaux, il dénonce le grand aveuglement d’un monde plus statique qu’il ne pense.

Ces nouvelles de J. M. Coetzee, traduites par Georges Lory, sont publiées au Seuil au prix de 18€.

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