Le chemisier

Scénario et dessin de Bastien Vivès

Étudiante en Lettres classiques à la Sorbonne, Séverine n’est ni belle, ni laide, ni brillante, ni médiocre. La jeune femme coule une existence banale, sans éclat mais sans drame, aux côtés d’un compagnon qui lui prête moins d’attention qu’aux séries télévisées ou aux jeux vidéo. À l’issue d’un baby-sitting, elle se voit prêter un chemisier en soie qui va mystérieusement changer sa vie. Du jour au lendemain, les hommes posent sur elle un regard différent, chargé de désir. Le vêtement est-il doté d’un pouvoir magique ? Séverine l’ignore, mais elle constate qu’il lui permet de se sentir davantage en confiance. Et de reprendre en main son destin…

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Bastien Vivès explore la conscience et la sensualité des personnages, notamment féminins, en travaillant sur le temps. C’est jour après jour que les personnages, ici Séverine, réalisent les nuances du rapport aux autres. Derrière cette femme, il y a une myriade d’hommes différents par leur âge, leur statut social… Par ce chemisier et surtout par ce que Séverine en fait (telle une comédienne derrière son costume ou une super héroïne avec ses super pouvoirs), la jeune femme devient une autre pour les autres. Bastien Vivès détaille les gestes, les postures et toutes les conséquences. La case qui révèle tout cela est celle de l’oral de Séverine. Elle se lève avec fluidité et le mouvement est fascinant. L’album contient de nombreuses chorégraphies déclinant la séduction, la sensualité et la sexualité. Celle ci-dessus pourrait faire penser aux premières scènes du film Les Lettres dangereuses de Stephen Frears où Valmont et Merteuil se parent de tous les accessoires tels des combattants se préparant à rentrer dans l’arène. Il y a une force de la mise en scène qui tient également à présenter la violence des rapports. Au cours de l’histoire, Séverine est malmené, insulté, son chemisier déchiré. Elle tente de sortir de son statut d’objet alors qu’avant elle était limite transparente. De page en page, il complexifie justement son personnage principal et la dernière planche rappelle la question du regard et de la curiosité.

Cette bande dessinée est publiée par Casterman au prix de 20€.

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