La Maison du Cygne

Aux confins du désert mauritanien, en un lieu appelé El Golem, un étranger relève des ruines avec l’aide de serviteurs muets pour abriter vingt-cinq enfants de toutes races. La vie serait heureuse au Castel si ne pesait toujours la menace de la Maison de l’Aigle, l’ennemie éternelle de la Constellation du Cygne. Est-ce la Maison de l’Aigle qui fait pleuvoir des pierres, qui enferme à jamais Kino dans un mirage, qui transforme en cristaux l’énergie vitale de Saoud et substitue à Mudjib trois yogis du Pendjab ? Et quelle est la place de ces enfants aux pouvoirs surhumains dans le plan de la Maison du Cygne ?

Dès lors, Alamed reçut l’ordre de ne plus rallier El Golem que de nuit et de n’y plus pénétrer. Il devait déposer son chargement devant les portes . « La niche est éclose », songea-t-il. Et les subsistances qu’il convoyait ne cessaient d’augmenter. « La nichée grandit et les appétits croissent. » Il se présentait nuitamment sous les remparts, retirant son salaire, déposé comme convenu sous une brique du mur, en échange de sa livraison. Mais il ne  savait plus que penser de cette communauté subitement agrandie qu’il pouvait maintenant évaluer à une quarantaine d’âmes. Après sa dernière entrevue avec l’Etranger, Alamed poursuivit son service pendant dix-sept ans, lien vital entre les mystérieux expéditionnaires et El Golem. Mais il ne lui fut jamais donné de voir ou d’entendre les enfants qui grandissaient au Castel après y être nés si soudainement.

Ada et Yves Rémy forment un duo d’écrivains à l’origine de nombreux livres de science-fiction, écrits il y a plus de trente ans. Leur efficacité, leur sens de narration justifient amplement la réédition de leurs livres et notamment de La Maison du Cygne. Ce livre en trois parties est élaboré selon une progression étonnante. La première partie installe très rapidement un climat de tension et de mystère. Les quelques pages sont captivantes. La deuxième partie développe très précisément la croissance des enfants nés dans le Castel. A la tension s’ajoute une sensation d’enfermement. Le Maître voit cela comme une protection face à une menace fantomatique. Malgré quelques baisses de rythme, on suit le parcours de ces enfants trop couvés pour être heureux et à qui on interdit toute sortie. La troisième partie braque l’histoire dans une autre direction (à découvrir par le lecteur). La science-fiction élaborée par les auteurs est passionnante par le portrait qu’elle tend de la société contemporaine. Le nœud du texte mêle l’éducation et la garantie de la Paix. Par peur, on construit des forteresses. Grâce aux pouvoirs et aux technologies, les habitants du Castel parviennent à voir le monde extérieur. Mais voir est-ce comprendre ? La place des enfants dans la société et leur rapport aux enfants sont les questions passionnantes qui hantent ce roman. Les rêves, les peurs, les mensonges justifient la construction sûre d’un espoir pour certains personnages. L’avenir, le futur représentent une telle charge pour les adultes qu’ils veulent maîtriser le présent des enfants, pensant que le Temps est un fil tendu et continu. Mais restent les aléas de la vie, aléas que les auteurs développent avec ingéniosité.

Ce livre est publié par Dystopia au prix de 20€.

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