EDMOND

Scénario et dessin de Léonard Chemineau
d’après la pièce d’Alexis Michalak

Paris, décembre 1897, Edmond Rostand n’a pas encore trente ans mais déjà deux enfants et beaucoup d’angoisses. Après l’échec de La princesse lointaine, avec Sarah Bernhardt, ruiné, endetté, Edmond tente de convaincre le grand acteur en vogue, Constant Coquelin de jouer dans sa future pièce, une comédie héroïque, en vers. Seul souci : elle n’est pas encore écrite. Faisant fi des caprices des actrices, des exigences de ses producteurs corses, de la jalousie de sa femme, des histoires de cœur de son meilleur ami et du manque d’enthousiasme de l’ensemble de son entourage, Edmond se met à écrire cette pièce à laquelle personne ne croit…

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Ma première lecture de cette bande dessinée se fit d’une seule traite. Le rythme du texte d’Alexis Michalak est soutenu grâce au travail de Léonard Chemineau. Il s’agit autant d’un travail méticuleux d’adaptation que de mise en scène des images. Les personnages s’agitent avec beaucoup d’énergie et de vie. Leurs paroles sonnent juste et les dessins font exister les individus au milieu des foules. C’est un véritable univers qui se met à exister devant nous. L’auteur sait également très bien doser la notion d’oeuvre historique. Les décors existent mais n’écrasent pas son récit ni son rythme. Chaque élément trouve sa place dans la fougue absolument nécessaire à cette histoire.

Tout repose sur l’urgence de l’écriture, la nécessité de créer cette pièce qu’est Cyrano de Bergerac. Comme les plus belles comédies américaines, il faut inventer pour faire exister les personnages, les sous entendus, les peurs et les espoirs. Les traits sont fins et délicats. Chaque personnage de Rostand au simple figurant prend une réelle dimension. Derrière ses êtres, le rouge du théâtre du XIXème prend ainsi, dans cette bande dessinée, les tonalités de leurs sentiments. Il évoque autant la passion, la peur, la colère que l’amour. Cet environnement soutient le fond de l’histoire dont la forme pourrait ressembler à un vaudeville. Se pose alors la question du texte. Les échanges endiablés et les réparties savoureuses sont également très bien maniées dans la mise en page. Le travail sur les polices permet une grand fluidité tout en respectant le débit propre aux personnages (Coquelin très bavard et les techniciens tout en phrases rares cinglantes). Ce jeu d’équilibre est vraiment complètement maîtrisé ce qui fait de cette bande dessinée une réussite de comédie. Une comédie mêlant les sentiments, les espoirs et donc la vie.

Cette BD est éditée par Rue de Sèvres au prix de 18€.

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