Le noyau blanc

Rüdiger Stolzenburg est chargé de cours à l’université de Leipzig. Entre ses histoires ponctuelles avec des jeunes filles et sa « passion secrète » pour le librettiste Weiskern, il tente de vivre au jour le jour. Mais le fisc lui réclame de l’argent et des papiers inédits de Weiskern apparaissent.

Un son le réveille. Une porte refermée prudemment, puis les pas légers de quelqu’un qui cherche à éviter de faire du bruit. Son amie est debout près du lit. Elle tient quelque chose à la main, il n’arrive pas à savoir quoi, et ses cheveux sont ceints d’une couronne de feuillage sur laquelle trône une bougie allumée. Une silhouette, comme on en voit en Suède, se souvient-il, une déesse de lumière oui une beauté estivale, il ne veut pas se casser la tête avec ça. Il tend la main, caresse la cuisse nue de la femme, sourit, épuisé. 

Cette histoire pourrait être une comédie de boulevard réunissant maîtresse, police, collègues et faussaires mais c’est une véritable tragédie que la vie de cet homme. Rüdiger pense à ses débuts, ceux d’un professeur flamboyant, orateur aux moments glorieux. Mais le temps a passé. Il reste sur ce succès passé et le présent le rattrape: son âge, ses impôts, sa recherche inaboutie sur un librettiste ayant connu Mozart… Il est donc perdu au coeur d’un monde qui change. Ce roman est un portrait mélancolique d’un homme n’ayant plus prise sur son monde, son pays, cette Allemagne réunifiée. Que ce soit le rapport à la jeunesse, à la féminité,  Christoph Hein énumère tous les changements sociaux et comportementaux de ce pays. Son protagoniste semble réaliser au moment de ses 60 ans l’état de cette société qui le repousse. En trame de fond, il y a également la question de passion pour le passé via la figure du librettiste, le passé comme seule bouée de survie. Mais il se retrouve seul et perdu. L’écriture très sèche de l’auteur perd un peu le lecteur. L’énergie du protagoniste (perceptible dans les scènes avec les femmes) se dilue pour faire émerger la mélancolie du destin de cet homme.

Ce roman de Christoph Hein, traduit par Nicolas Bary, est publié par Métailié au prix de 20€.

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