La Maison de Bernarda Alba

Le titre de cette pièce de théâtre de Garcia Lorca établit tout de suite le principe de la dramaturgie. Les trois actes se passent dans cette maison, dans la pièce principale depuis laquelle nous voyons les portes des chambres.

C’est une conversation entre les deux domestiques, l’une de 50 ans et l’autre, Poncia, âgée de 60 ans. Ce sont ces deux serviteurs, selon la tradition du théâtre classique, qui nous ouvrent les portes de l’univers de cette maison tenue d’une main de fer par Bernarda Alba. Elles mettent tout en ordre pour accueillir le cortège funéraire accompagnant leur protectrice. Elle a perdu son mari et se retrouve seule entourée de ses 5 filles. Leur mère a décidé, comme elle a régi son domaine, de les garder chez elle et de les maintenir jusqu’au mariage.

L’aînée, Augustias, est destinée à un jeune homme, José le Romano. Les autres soeurs semblent rire, se moquer de cet amour qui entoure la maison et vient conter fleurette. Mais au fur et à mesure des dialogues, l’absence d’Adela, la plus jeune des filles, surprend. Il y a également l’heure de départ de ce jeune amoureux qui fait débat. Augustias dit l’avoir quitté vers une heure du matin mais les soeurs ont entendu du bruit pendant encore trois heures. C’est la mèche qui allume les nombreux feux dont parlent tous les personnages de Garcia Lorca. Adela brûle de passion pour José. Martirio, autre soeur, le regarde avec envie.

Entre les murs de cette maison, ne se trouve que des femmes pleines de désir. Il y a l’amour raisonné, celui d’Augustias. Mais il y a toute cette passion, chez Adela, chez Martirio et chez leur grand-mère, Maria Josefa, âgée de 80 ans. Elle a un point commun avec ses petites filles. Bernarda, sa propre fille, l’a également enfermé.

Cette pièce est absolument prenante et bouleversante quand derrière les rires légers de jeunes femmes, la passion se révèle et ça malgré la bonne tenue, les murs de cette maison et l’autoritarisme de Bernarda. L’enfermement, accentué des chants du choeur au loin et de ces hommes souvent cités, toujours désirés, est palpable à chaque page. A chaque dialogue, la passion dévorante s’exprime et éclate.

La dernière pièce de Federico Garcia Lorca, écrite deux mois avant son exécution, est publiée chez Folio au prix de 5,90€. L’édition et la traduction sont d’Albert Bensoussan.

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