Bérézina tome 1

Scénario de Frédéric Richaud

Dessins d’Ivan Gil

Couleurs d’Albertine Ralenti et Elvire De Cock

Une nouvelle trilogie, librement adaptée du roman de Patrick Rambaud, nous lance dans la campagne désastreuse de Napoléon en Russie. De ceci, n’est resté qu’un mot, la Bérézina. Associée à un véritable désastre (humain, militaire et politique), cette épopée est saisissante avec les mots de Richaud, les dessins de Gil et les couleurs de Ralenti et De Cock.

Le premier tome, L’incendie, se concentre sur le début de la campagne et l’arrivée de la Grande Armée à Moscou. Nous sommes en septembre 1812, au plus près des envahisseurs. Tout à tour, près du capitaine d’Herbigny et de Paulin, de Monsieur Roque, ancien clerc chez un avoué ou de l’Empereur, le lecteur découvre la ville de Moscou abandonné par les Russes, occupée par l’armée napoléonienne et dévastée par les flammes.

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L’utilisation de plusieurs points de vue, certains animés par la naïveté (Paulin), d’autres complètement aveuglés (Napoléon et ses officiers fidèles) ou désarçonnés par la violence (Roque), permet une découverte progressive de la ville, des attentes et bien entendu de l’échec attendu. Dès le début, nous connaissons la fin, cette ville détruite par les flammes et Napoléon simple spectateur, à l’image de Néron admirant Rome. Pourtant, la sens de la narration réussit à nous surprendre. Un temps même, nous oublions la guerre pour voir l’installation de ces victorieux temporaires dans les palais moscovites. Ce temps de pause permet de voir l’illusion aveuglante de ces milliers d’hommes menés par Napoléon. L’intervention imprévue de comédiens, marionnettes perdues dans une réalité complètement illogique, illustre le désordre de tout cela. Au fur et à mesure, le drame s’installe par le feu et n’épargne personne.

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Les dessins très réalistes donnent lieu à des planches magnifiques nous présentant Moscou complètement désertée ou des troupes affaiblies dès leur arrivée. En contrepoint de ces spectacles désolants, les visages des personnages nous sont présentés au plus près.

Le travail sur les couleurs est éblouissant car nous voyons les flammes s’immiscer dans le paysage. Au début, très éloignées, elles se rapprochent et finissent par envahir à leur tour la ville. Ce qui semble être maîtrisable finit par avoir raison de tout.

Béréniza est publié chez Dupuis au prix de 15.50€.

 

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