Le siège de Londres et autres nouvelles

Ce recueil contient trois nouvelles d’Henry James : Madame de Mauves (1874), Le siège de Londres (1883) et Lady Barberina (1884). La première nouvelle raconte l’idylle entre un jeune américain et une riche anglaise malheureuse en mariage. La seconde concerne deux américains intrigués par une compatriote désireuse d’épouser un jeune aristocrate anglais. La dernière nouvelle s’intéresse à une anglaise mariée à un américain et s’installant dans le pays de son époux.

Dans ces trois nouvelles, on retrouve l’un des thèmes phares d’Henry James : la confrontation entre les américains et les anglais. Cette relation est tout à fait passionnante dans la première et dernière nouvelle. Le texte qui a donné son nom au recueil est plus laborieux dans sa narration, peut-être par l’absence d’un sentiment amoureux fort. Dans les deux autres textes, la passion, de sa naissance à son apogée, est particulièrement touchante grâce à la description méticuleuse des psychologies de chaque personnage. Dans la première nouvelle, le jeune prétendant n’est pas sûr de lui mais reconnaît un penchant pour Madame de Mauves, malheureuse en mariage. Henry James arrive alors à faire apparaître la société au sein de cette relation qui ne s’affiche pas en public. Il semble que cet amour spontané doive suivre certaines règles, celles de la haute société anglaise. La brutalité des normes rencontre alors la fragilité des sentiments. Au sein de la nouvelle grandit cette opposition, ce qui pousse le lecteur à soutenir le jeune amant. La troisième nouvelle décrit également une relation amoureuse mais dans son quotidien. Cette fois, l’essentiel de l’histoire se déroule sur le sol américain. Henry James transforme cette relation bilatérale en portrait de femme n’arrivant pas à adapter les codes qui ont marqué son enfance anglaise aux pratiques américaines. Le quotidien, sous la plume d’Henry James, devient un véritable enjeu amplifié par l’expression de l’amour d’un homme pour sa femme. Il tente de faire son bonheur. Henry James parvient toujours à placer l’amour sur les différents niveaux d’une société. Il distille ainsi chaque enjeu et place alors le moindre sentiment sur un chemin semé d’embûche et promis à une bouleversante tragédie.

Ce recueil d’Henry James traduit par Jean Pavans est publié par Rivages au prix de 9,20€.

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